le suicide
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Suite à la mort d’une fillette de 9 ans par suicide il y a quelques jours (janvier 2011) prés de Lyon, le gouvernement a proposé à Boris Cyrulnik (psychiatre connu pour sa théorie sur la résilience) de mener une mission sur le suicide de l’enfant.
La piste de départ de B. Cyrulnik est psychosociale.
" Quand un enfant n’est pas sécurisé du fait d’un environnement instable, il peut nourrir des pulsions suicidaires"
La piste de prévention serait d’ouvrir de multiples attachements, ouvrir
l’enfant à d’autres models parentaux et sociaux.
Qu’est ce que le suicide ?
c’est l’acte de se donner volontairement la mort.
Le suicide est présent à différents âges de la vie et revête des réalités
différentes selon le moment où il intervient dans le parcours de vie.
1- Chez l’enfant
L’ensemble des spécialistes ( pédopsychiatres) s’accorde à dire que chez l’enfant , le suicide reste un acte rare. Tout d’abord parce que la réalité de la mort n’est pas la même chez l’enfant que chez l’adulte. La conscience de l’irréversibilité de la mort est une construction psychique qui se façonne au cours du développement.
Se suicide t on plus jeune qu’avant ?
Stephane Clerget ( pédopsychiatre) interviewé dans le Figaro, évoque tout d’abord le fait qu’aujourd’hui, on détecterait mieux ce qu’on considerait avant comme des accidents ;puis il existe une moindre grande vigilance de notre société, les enfants souffriraient plus.
Un argument qui va dans le même sens que B.Cyrulnik.
Pour Serge Hefez, interviewé au journal télévisé du 27 janvier 2011, l’enfant n’a plus sa place d’enfant au sein de sa famille et de la société, il est confronté à un monde d’adulte trop tôt : ce qui va également dans le sens d’un dysfonctionnement psychosocial.
Le suicide chez l’enfant, quelqu’en soit sa cause a une valeur de perte. L’acte suicidaire agirait comme un acte réparateur de cette perte. Ce n’est pas la recherche de la mort au sens de l’adulte qui est recherché.
En effet la mort est un concept qui se construit progressivement. La notion d’irréversibilité n’est généralement acquise qu’à partir de 5-8 ans, parfois plus jeune chez les enfants dits précoces. Notre société actuelle , avec les jeux vidéos, l’accès aux films violents et le manque de rituel au moment des décès, aura tendance à entretenir plus longtemps le flou et la mort restera un concept abstrait.
Stephane Clerget pose l’hypothèse concernant le suicide de cette jeune fillette de Lyon, d’un désir de se débarrasser d’une souffrance liée à sa maladie chronique. Se défenestrer pourrait signifier voler , liberté pour réagir contre une perte celle de liberté par exemple.
2- chez l’adolescent
Le suicide est un phénomène mieux connu à cette période de vie, mieux identifié. Il représente la deuxième cause de mortalité. Les garçons se suicident plus et réussissent plus que les filles. L’acte suicidaire à tout âge signifie toujours une souffrance psychique. L’adolescence est une période de mutation, une période fragile. Le suicide est souvent impulsif et souvent relié à une problématique identitaire. Un tiers des suicidants récidive. Pour les proches des adolescents, il est important d’apprendre à reconnaître des signes annonciateurs d’une crise et de savoir la gérer.
3- chez la personne âgée
C’est une population à haut risque suicidaire. L’acte suicidaire est souvent lié à la crise du vieillissement. Celle ci, est une étape nécessaire consistant à renoncer à l’illusion d’immortalité. Lorsque cette étape est dépassée, la personne accepte de vieillir en toute sérénité. Parfois, cette crise connaît des échecs qui peuvent conduire à des crises suicidaires. Moins médiatique, voir banalisé, le suicide de la personne âgée représente une inquiétante réalité : 30 % de la totalité des suicides. Contrairement, à l’acte impulsif de l’adulte, celui de la personne âge est préparée et souvent radicale.
En septembre 2010, la secrétaire d’état chargée des aînés, Nora Berra, a désigné un comité d’expert chargé de prévenir le suicide chez la personne âgée. Le but étant d’élaborer des outils de prévention à destination des professionnels.
Idées reçues sur le suicide
Le suicide n’est ni un acte de courage , ni de lacheté mais le signe d’une
souffrance psychique.
Il est faux de penser que les personnes parlant de suicide ne passeront
pas à l’acte.
Sources : le Figaro, le Progres, BFMtv et le Monde.
