LA RESILIENCE ( cf livres de Cyrulnik, article l’Express nov 2001)

 

Définition :

la résilience est un terme de la physique qui définit, en mécanique, le degré de résistance d’un matériau soumis à un impact.

Ce terme, emprunté de la physique est repris en sciences humaines pour s' appliquer non plus simplement aux matériaux mais aussi à l’humain.
La résilience est introduite en France et expliquée par Boris Cyrulnik, et étudiée de façon plus anonyme au sein du milieu universitaire par le professeur Serban Ionescou.
Je fais d’ailleurs un appel à ce grand professeur, qui a été le mien à la faculté, pour qu’il m’adresse quelques notes de ses recherches sur ce sujet. Ainsi ce grand monsieur ne sera plus inconnu des internautes.

Définition selon Boris Cyrulnik :


« la résilience définit la capacité à se développer quand même, dans des environnements qui auraient du être délabrants »

L’auteur parle de ce concept dans ses trois derniers livres :
-Un merveilleux malheur 1999 odile jacob.
-Les vilains petits canards 2001 odile jacob
-Le murmure des fantômes 2003 odile jacob

 

Présentation de l’auteur :


Boris Cyrulnik est né en 1937. Il est éthologue, neuropsychiatre et psychanalyste.
Orphelin de parents d’origines russes déportés dans les années 1940, il fait ses études à Paris où il obtient son diplôme de neuropsychiatre. Dans les années 1970 , il crée en France le premier cercle d’éthologie humaine : il s’agit de comparer les comportements des bêtes et des Hommes. Ce thème est présent dans sa première publication en 1983 : Mémoire de singe et paroles d’homme

Les points importants développés dans le dernier livre : le murmure des fantômes

 

-Relecture d’un fait divers à la lumière de la résilience :


Il y a quelques années un homme du nom de Romand abat toute sa famille et tente de se suicider. Pendant des années, il a fait croire à tout le monde qu’il était médecin alors qu’il ne s’est jamais présenté à son examen de deuxième année. Depuis, il purge une peine de prison et semble s’épanouir.
M.Romand s’est emprisonné dans la Mythomanie. La confrontation au réel ( découverte de son mensonge par l’entourage) a du être tellement insupportable qu’il a tué toute sa famille ( femme, enfants et parents). Dans son geste de folie, il voulait certainement leur épargner la souffrance de la déception ainsi qu’a lui même.
Le mythomane invente de belles histoires pour essayer de réparer le réel qui humilie, blesse, fait qu’on se sent vite inutile.


Romand pour restaurer son estime de soi, pour renvoyer une bonne image de lui aux autres, utilise le mensonge. Ce moyen de vivre à travers des histoires a trouvé une issue tragique. C’est la prison qui le confronte à une réalité qu’il accepte enfin.
Dans le cas de Romand sa tentative de résilience par la mythomanie a plutôt échoué. Sa résilience d’après l’auteur, il l’a tricote depuis en prison ( page 163 du livre).
La résilience est décrite tout au long du livre à travers des observations de l’auteur et des analyses qu’il fait de la vie de gens célèbres ou non.

-Le traumatisme :

Le concept de traumatisme est fondamental pour l’auteur, car pour parler de processus de résilience, il faut comme point de départ un traumatisme.
Le traumatisme est définit comme un évènement qui laisse l’individu dans un état d’agonie psychique, c’est à dire que l'on n’est plus capable de penser l’évènement (page 59) on peut parler aussi d’état de choc.

 

-La carence affective :

Concept important dans la constitution d’une résilience. Une bonne relation du bébé à sa mère dans les tout premiers temps faciliterait la capacité de devenir résilient, c’est à dire que la certitude d’avoir été aimé, nous rend naturellement aimable. Ainsi, en cas de coup dur, on garde confiance et on accepte plus facilement les mains tendues ( page 201,225)

Ce que l’auteur explique assez bien est que chaque évènement n’est pas vécu de la même manière. Cela va dépendre de la représentation mentale que va se faire l’individu de l’événement : de l’importance qu'il lui accorde selon sa propre histoire. Un évènement anodin pour mme x sera traumatisant pour m. y car l’évènement n’aura pas la même signification et la même importance dans leur vie.
Avant les études sur le processus de résilience, les personnes traumatisées, ayant vécu dans la misère, subit toutes sortes de sévices et d’humiliations étaient bien souvent catalogués de « foutus », (avec toutes les horreurs qu’ils ont vécu , comment peuvent ils continuer à vivre…). Les recherches sur la résilience ont un premier effet « thérapeutique » qui est de redonner de l’espoir. Maintenant, on se permet d’aborder les traumatismes avec moins de pessimisme et moins d’impuissance car on sait que permettre de retisser des liens peut parfois suffire à réactiver la vie qui ne demande qu’a reprendre le dessus.

 

L’auteur est controversé :

apprécié du grand public et souvent critiqué par les universitaires, scientifiques…Il est dit de lui qu’il est le père de la résilience, d’autres affirment qu’il n’a rien inventé.
Une chose est sure, il est capable de rendre accessible des savoirs scientifiques généralement réservés aux initiés. Ce qui peut avoir des bénéfices comme par exemple aller consulter car la personne se retrouve et souhaite comprendre son parcours…
Michel Hanus, psychiatre dans son dernier livre « La résilience, à quel prix » met en garde sur la généralisation du processus de résilience, cela risque de marginaliser ceux qui ne seront pas résilients et de les étiqueter péjorativement : ceux qui ne sont pas capables !!
Inventeur ou pas de la résilience, Boris Cyrulnik est un médiateur de certains savoirs scientifiques auprès du public. De plus, il a l’art d’habiller les concepts d’explications imagées et poétiques comme « tricoter » sa résilience. Il sait utiliser des termes simples pour expliquer des concepts abstraits : il habille les concepts de mots remplis de sens.

A lire.

 

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