 |
Définition
:
la résilience est un terme
de la physique qui définit, en mécanique, le degré
de résistance d’un matériau soumis à un impact.
Ce terme, emprunté de la physique
est repris en sciences humaines pour s' appliquer non plus simplement
aux matériaux mais aussi à l’humain.
La résilience est introduite en France et expliquée par
Boris Cyrulnik, et étudiée de façon plus anonyme
au sein du milieu universitaire par le professeur Serban Ionescou.
Je fais d’ailleurs un appel à ce grand professeur, qui
a été le mien à la faculté, pour qu’il
m’adresse quelques notes de ses recherches sur ce sujet. Ainsi
ce grand monsieur ne sera plus inconnu des internautes. |
| Définition
selon Boris Cyrulnik :
« la résilience définit la capacité à
se développer quand même, dans des environnements qui auraient
du être délabrants »
L’auteur parle de ce concept
dans ses trois derniers livres :
-Un merveilleux malheur 1999 odile jacob.
-Les vilains petits canards 2001 odile jacob
-Le murmure des fantômes 2003 odile jacob
Présentation
de l’auteur :
Boris Cyrulnik est né en 1937. Il est éthologue, neuropsychiatre
et psychanalyste.
Orphelin de parents d’origines russes déportés dans
les années 1940, il fait ses études à Paris où
il obtient son diplôme de neuropsychiatre. Dans les années
1970 , il crée en France le premier cercle d’éthologie
humaine : il s’agit de comparer les comportements des bêtes
et des Hommes. Ce thème est présent dans sa première
publication en 1983 : Mémoire de singe et paroles d’homme
Les points importants développés
dans le dernier livre : le murmure des fantômes
-Relecture d’un
fait divers à la lumière de la résilience
:
Il y a quelques années un homme du nom de Romand abat toute sa
famille et tente de se suicider. Pendant des années, il a fait
croire à tout le monde qu’il était médecin
alors qu’il ne s’est jamais présenté à
son examen de deuxième année. Depuis, il purge une peine
de prison et semble s’épanouir.
M.Romand s’est emprisonné dans la Mythomanie. La confrontation
au réel ( découverte de son mensonge par l’entourage)
a du être tellement insupportable qu’il a tué toute
sa famille ( femme, enfants et parents). Dans son geste de folie, il
voulait certainement leur épargner la souffrance de la déception
ainsi qu’a lui même.
Le mythomane invente de belles histoires pour essayer de réparer
le réel qui humilie, blesse, fait qu’on se sent vite inutile.
|
|
Romand
pour restaurer son estime de soi, pour renvoyer une bonne image de lui
aux autres, utilise le mensonge. Ce moyen de vivre à travers
des histoires a trouvé une issue tragique. C’est la prison
qui le confronte à une réalité qu’il accepte
enfin.
Dans le cas de Romand sa tentative de résilience par la mythomanie
a plutôt échoué. Sa
résilience d’après l’auteur, il l’a
tricote depuis en prison ( page 163 du livre).
La résilience est décrite tout au long du livre à
travers des observations de l’auteur et des analyses qu’il
fait de la vie de gens célèbres ou non. |
-Le traumatisme
:
Le concept de traumatisme est fondamental
pour l’auteur, car pour parler de processus de résilience,
il faut comme point de départ un traumatisme.
Le traumatisme est définit comme un évènement qui
laisse l’individu dans un état d’agonie psychique,
c’est à dire que l'on n’est plus capable de penser
l’évènement (page 59) on peut parler aussi d’état
de choc.
-La carence affective
:
Concept important dans la constitution
d’une résilience. Une bonne relation du bébé
à sa mère dans les tout premiers temps faciliterait la
capacité de devenir résilient, c’est à dire
que la certitude d’avoir été aimé, nous rend
naturellement aimable. Ainsi, en cas de coup dur, on garde confiance
et on accepte plus facilement les mains tendues ( page 201,225)
Ce que l’auteur explique assez
bien est que chaque évènement n’est pas vécu
de la même manière. Cela va dépendre de la représentation
mentale que va se faire l’individu de l’événement
: de l’importance qu'il lui accorde selon sa propre histoire.
Un évènement anodin pour mme x sera traumatisant pour
m. y car l’évènement n’aura pas la même
signification et la même importance dans leur vie.
Avant les études sur le processus de résilience, les personnes
traumatisées, ayant vécu dans la misère, subit
toutes sortes de sévices et d’humiliations étaient
bien souvent catalogués de « foutus », (avec toutes
les horreurs qu’ils ont vécu , comment peuvent ils continuer
à vivre…). Les recherches sur la résilience ont
un premier effet « thérapeutique » qui est de redonner
de l’espoir. Maintenant, on se permet d’aborder les traumatismes
avec moins de pessimisme et moins d’impuissance car on sait que
permettre de retisser des liens peut parfois suffire à réactiver
la vie qui ne demande qu’a reprendre le dessus.
L’auteur est
controversé :
apprécié du grand public
et souvent critiqué par les universitaires, scientifiques…Il
est dit de lui qu’il est le père de la résilience,
d’autres affirment qu’il n’a rien inventé.
Une chose est sure, il est capable de rendre accessible des savoirs
scientifiques généralement réservés aux
initiés. Ce qui peut avoir des bénéfices comme
par exemple aller consulter car la personne se retrouve et souhaite
comprendre son parcours…
Michel Hanus, psychiatre dans son dernier livre « La résilience,
à quel prix » met en garde sur la généralisation
du processus de résilience, cela risque de marginaliser ceux
qui ne seront pas résilients et de les étiqueter péjorativement
: ceux qui ne sont pas capables !!
Inventeur ou pas de la résilience, Boris Cyrulnik est un médiateur
de certains savoirs scientifiques auprès du public. De plus,
il a l’art d’habiller les concepts d’explications
imagées et poétiques comme « tricoter » sa
résilience. Il sait utiliser des termes simples pour expliquer
des concepts abstraits : il habille les concepts de mots remplis de
sens. |