| créer des symptômes physiques ou psychiques mimant une maladie pour être reconnu comme malade au sein d’un milieu médical |
| c’est à dire attentifs restant auprès de l’enfant lors des hospitalisations, mais rentrant parfois en conflit avec l’équipe soignante |
| l’origine, ni les types de personnalité |
| construction de symptômes pour mimer une maladie |
| on parle de fabulation car dans les récits s’entremêlent des mensonges et des éléments réels |

Le syndrome de Munchausen ( simple et par procuration) ( cf. : magazine psycho et santé ; le livre de Gilles Fenelon : le syndrome de Munchausen)
Le syndrome de Munchausen simple.
Ce syndrome est une forme clinique des troubles
factices.
Richard ASCHER, médecin londonien (1912 –1969) décrit des
patients qui construisent des signes pathologiques. Ceux ci mentent ( dans la
production même des symptômes et sur leur propre histoire médicale)
et voyagent beaucoup ( se déplaçant beaucoup géographiquement,
fréquentant de nombreux lieux médicaux différents, ce qui
brouille souvent les pistes), d’où le nom de Munchausen en référence
au baron du même nom ( avec un h en plus : le baron de Munchhausen) qui
racontait des fables et voyageait beaucoup.
C’est en 1951, que Asher décrit des patients adoptant un comportement
de mensonge avec de multiples voyages.
Ce trouble qui décrit un comportement (et non une personnalité
) est rare, peu connu, et surtout pas assez étudié. On ne connaît
donc pas sa fréquence.
Nous n’avons pas beaucoup d’informations sur ce syndrome pour deux
raisons essentiellement :
- Etant peu connu et récent ( début du siècle), le diagnostique
est rarement fait et souvent rendu difficile par le patient lui même qui
fait tout pour « brouiller » les pistes.
- Le trouble factice découvert, le patient n’est pas coopérant
pour participer à des protocoles de recherche afin de faire avancer les
connaissances sur son trouble.
D’après les études publiées, on remarque une plus
grande proportion d'individus masculin.
Gilles Fenelon (neurologue, psychiatre, exerçant actuellement à
l’hôpital Tenon à Paris) propose dans son livre « le
syndrome de Munchausen » une appellation des personnes ayant des comportements
répondant aux critères du syndrome de Munchausen :
Les Altérateurs.
Altérer est ce qui les décrit le mieux : les altérateurs
altèrent leur histoire médicale, leur biographie et prennent également
les risques d’altérer leur état de santé.
Les principaux élément du syndrome de Munchausen simple
-
facticité des symptômes.
- Mythomanie
du parcours médical et de la biographie.
- Hospitalisations multiples dans différents services et hôpitaux.
- Absence apparente de but dans sa facticité ( contrairement aux simulateurs
qui simulent dans le but d’obtenir des avantages sociaux, financiers)
Fenelon nous donne quelques éléments pouvant
contribuer à la découverte de ce trouble :
Lors des nombreuses hospitalisations, on note une absence de visiteurs, l’adresse,
l’identité sont souvent fausses ; les proches sont difficilement
joignables.
Au cours du séjour, l’altérateur quitte souvent le service
contre avis médical laissant les équipes perplexes et peut faire
preuve d’agressivité lorsque l’on le met face à ses
incohérences.
Il présente de nombreux antécédents médicaux dont
certains sont invérifiables, possède des connaissances médicales
inhabituelles avec une attitude suggestive avec les médecins.
L’approche thérapeutique
Il semble difficile pour l’altérateur d’établir une relation thérapeutique. Dès qu’il se sent « découvert » dans sa conduite factice, il reprend sa route vers d’autres hôpitaux. A part leur conduite, que les soignants peuvent observer et leur histoire que l’on peut ( avec des efforts) retracer en menant une véritable enquête, on ne sait pas grand chose de leur personnalité. L’altérateur ne veut nous montrer que ce qu’il souhaite et nous faire croire à ces fables.
Le syndrome de Munchausen par procuration.
Découvert en 1977 par Sir Roy Meadow ( pédiatre,
spécialiste des reins)
Le syndrome de Munchausen par procuration est une forme particulière
de maltraitance infligée à un enfant, généralement
par sa mère.
Ce syndrome décrit un trouble du comportement d’un adulte envers
un enfant.
Tout comme la forme simple, on ne connaît pas l’étiologie.
La maltraitance de l’adulte sur l’enfant consiste
en la production volontaire de symptômes physiques ou psychiques en affirmant
ne pas connaître les causes.
Le but étant que le corps médical intervienne par des investigations,
traitements.
Il y a plusieurs formes de ce syndrome selon le degré d’intervention
sur l’enfant par l’adulte ( cela va de la simple altération
de l’histoire médicale, falsification d’analyse médicales,
à des actes comme provoquer des infections volontaires..).
Responsable de plusieurs morts subites du nourrisson chaque années, la
mort est une des conséquences de ce trouble ( pas de statistique exactes,
syndrome de Munchausen par procuration responsable de 8 à 20 % des morts
subites). La mort n’est portant pas recherchée.
Dans les pays anglo-saxons, la mort subite d’un nourrisson ou le décès
suspect d’un enfant entraînent une autopsie. En France, il n’y
a pas de consensus à l’heure actuelle sur l’existence de
ce syndrome. Il semble difficile d’admettre pour les professionnels de
l’enfance qu’une mère puisse avoir un tel comportement de
sévices tout en donnant une apparence de mère bien sous tout rapport,
cohérente qui semble bien maîtriser sa vie.
On ne connaît donc pas grand chose de ce trouble car on dispose de peu
d’études, et celles qui existent sont souvent anglo-saxonnes. De
plus, comme les altérateurs, ils sont difficiles à diagnostiquer
et à étudier.
Manifestations cliniques du comportement du parent ( généralement
la mère)
- Des consultations et hospitalisations répétées,
avec utilisation maîtrisée des termes médicaux, suggérant
des examens , traitements, interventions..
- Mère très attentionnée, s’intéressant particulièrement
à la santé de son enfant, entretenant généralement
de bons rapports avec l’équipe soignante.
Eléments qui aident au diagnostic
- Traitements de toute sorte échouant.
- l’équipe médicale n’arrive pas à comprendre
l’origine des symptômes.
- Absence de troubles lorsque l’enfant est séparé du parent
maltraitant.
- Antécédent dans une même fratrie de morts subites, ou
d’hospitalisations à répétition..
- On peut retrouver dans le passé du parent maltraitant de nombreuses
hospitalisations pour des troubles factices ( ayant connu un Munchausen simple).
Pour pouvoir parler d’un tel trouble de comportement, il faut prendre en compte l’histoire familiale. Le syndrome de munchausen par procuration est difficile et très délicat. Il ne faut pas confondre l’attitude de jeunes parents anxieux, pouvant alors présenter les même caractéristiques, avec un trouble grave entraînant des sévices. Ne pas porter de jugements hâtifs! cela pourrait être lourd de conséquence. De même, il important de détecter la maltraitance, car il en va parfois de la survie l’enfant.
Aux Etats Unis, les équipes médicales sont sensibilisées
à ce trouble et vont jusqu’à utiliser des caméras
vidéo pour vérifier la maltraitance en cas de doutes.
Méthodes non envisageable dans nos pays européens où le
soin s’effectue sur un postulat de départ : la confiance médecin
patient.
Mais ce trouble n’a pas la même logique, puisque le but étant
de duper le médecin pour obtenir des soins « imaginaires ».
Le syndrome de Munchausen par procuration agit tout en apparence et il est encore
difficile pour les équipes médicales d’aller au delà.
L’équipe médicale manipulée serait hélas que
responsable de leur délit de belle gueule et de ne s’arrêter
qu’au apparence pourtant trompeuse.
En France les professionnels de l’enfant n’arrivent pas à
admettre une telle dissociation entre le comportement en apparence ( bien sous
tout rapport) et les sévices infligés ou provoqués par
le biais de l’équipe médicale.
Les hypothèses sur le pourquoi de ce comportement de sévices :
- Les mères agiraient de la sorte pour attirer l’attention
sur elles, obtenir de l’équipe médicale une reconnaissance
de leur statut de bonne mère, attentive et soucieuse du bien être
de l’enfant.
Pourquoi le milieu médical ? est ce parce que c’est un milieu rassurant,
familier dans leur histoire….
- On retrouverait dans le passé de ces mères de nombreuses carences
affectives.
Elles auraient parfois elles mêmes été victimes de sévices
de la part de leur propre mère. Certaines développent à
l’age adulte des syndromes de Munchausen simples.
Il reste encore beaucoup d’études cliniques à effectuer
afin de tracer un profil plus précis et de mieux comprendre ce qui sous-tend
ces comportements. Ceux ci se rencontrent ils plus dans une pathologie psychiatrique
précise ou dans un trouble de la personnalité ?
Et les enfants ?
L’enfant ne contredit pas les fabulations de son parent,
car parler serait trahir. Ce qui rend le diagnostic des plus difficiles car
l’enfant maltraité couvre généralement son parent
de peur d’être abandonné, séparé de lui.
L’objectif du diagnostic est de détecter la maltraitance pour qu’elle
soit reconnue aux yeux de tous.
Lorsque des mots sont mis sur les sévices de la part d’un tiers,
l’enfant peut essayer de se reconstruire en tricotant sa résilience
( cf. Cyrulnik) et en apprenant qu’on peut aussi aimer sans maltraiter.

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